C’est sans doute la plus sévère de ces dernières années. La sécheresse qui touche la Martinique depuis avril a des conséquences terribles pour les éleveurs. La filière bovine est la plus touchée avec près de 300 animaux morts de faim ou d’épuisement ces derniers mois.
Face à la gravité de la situation, la CODEM a fait ce qu’elle a pu avec les réserves fourragères. Mais celles-ci sont quasiment épuisées. Alors, la solidarité agricole s’organise. Une quinzaine de tonnes de bananes.non commercialisables, données par Banamart mi-août, ont permis à plusieurs éleveurs de nourrir leur cheptel. Ces fruits ont pu être acheminés grâce au soutien financier de l’État.
Il s’agit d’une solution provisoire car les bœufs ont surtout besoin d’herbe pour une croissance optimale. La saison des pluies est tardive et peu active. Les premières ondes tropicales n’ont concerné le territoire qu’à partir du 15 août. Mais il faudra plusieurs mois pour que l’herbe repousse durablement et que les animaux retrouvent un cycle alimentaire adapté.

Trouver des solutions durables
Face à la gravité d’une situation qui se répète quasiment chaque année, André Prosper regrette le manque d’anticipation des institutions agricoles et de la collectivité territoriale. Le président de la CODEM, éleveur lui-même, considère qu’il faudrait des solutions structurelles et durables pour préserver la filière. La création d’une association foncière pastorale, à l’initiative de la CODEM, va dans ce sens. Elle permet d’identifier des terres permettant de produire du fourrage en quantité en prévision des périodes de sécheresse. D’autres solutions sont envisageables comme une meilleure exploitation de la ressource en eau ou l’introduction de résidus agricoles comme la bagasse dans le cycle alimentaire du bétail.
Dans l’immédiat, plusieurs élus, parlementaires notamment, ont demandé au gouvernement d’appliquer à la Martinique les mesures d’urgence prévues pour les agriculteurs au niveau national.
Les répercussions de la sécheresse seront importantes pour les éleveurs et pour la population. Avec un cheptel bovin réduit et amaigri, les revenus des professionnels seront fortement impactés. Et l’offre de viande bovine sera limitée pour les consommateurs. La filière pourrait bien passer sous les 600 tonnes produites cette année.