Philippe G. Thégat, Directeur de la SCACOM : « Nous voulons faire revenir les adhérents »

par | Oct 30, 2026 | À la Une, Filières, Observatoire, Ovins

FILIERE OVINS/CAPRINS. 2027 marquera les 20 ans de la Société Coopérative Agricole Caprins Ovins de Martinique (SCACOM). La filière ovins/caprins traverse une crise depuis plusieurs années. Une situation due à la conjugaison de plusieurs facteurs. Il y a un an, Philippe G. Thégat a été nommé directeur de la SCACOM avec pour mission première de restructurer la coopérative. Il a dressé un état des lieux de la filière pour l’observatoire de l’AMIV.

Comment se porte la filière ovins/caprins ?
Elle est déstructurée. Diverses initiatives sont prises en dehors du système coopératif. La SCACOM en pâtit forcément en tant que structure historique. Il est donc nécessaire de restructurer de la filière, d’améliorer sa valeur ajoutée pour les adhérents existants et potentiels. Notre objectif est de faire revenir les adhérents au sein de la coopérative.

Où en est la restructuration ?
C’est une opération compliquée. Il faut gérer le passif puisque la SCACOM est en redressement judiciaire. Nous devons aussi préserver l’existant en accompagnant les éleveurs adhérents et en les payant dans les temps. Il s’agit enfin de préparer l’avenir. Certains consommateurs se sont davantage tournés vers d’autres viandes comme le poulet et le bœuf qui sont moins chères. Nous faisons face également à des menaces extérieures comme l’importation du mouton congelé à bas prix ou l’accord avec le Mercosur par exemple. Nous devons envisager l’avenir en matière de production et aussi de débouchés. Voir comment repositionner le mouton produit ici par rapport au mouton importé.

Dans le même temps, la régie de l’abattoir territorial a augmenté la taxe d’abattage…
C’est un problème supplémentaire qui contribue à l’augmentation des charges de production pour nos adhérents. Cela a bien sûr un effet sur le prix de vente au consommateur. Ça rend plus complexe notre dynamique de revalorisation du mouton martiniquais, de mise en avant de sa qualité par rapport au mouton importé de Nouvelle-Zélande par exemple. Ce surcoût ne va rien arranger.

Qu’envisagez-vous pour renforcer la visibilité de la viande ovine et caprine de Martinique ?
C’est difficile parce que les volumes se sont effondrés. Une grande partie de la production nous échappe. Nous allons faire en sorte d’y remédier.