Enquête AMIV sur la consommation de viande en Martinique : les habitudes évoluent (2/2)

par | Juin 4, 2026 | À la Une, Observatoire

L’enquête commanditée par l’AMIV et menée sur 8 mois en 2025 valide l’impact majeur du prix de la viande sur le recul de la consommation. Ce prix a augmenté de 15 à 20% depuis 2020, à cause du Covid et de la guerre en Ukraine. C’est la raison principale pour laquelle, malgré leur préférence pour la viande fraîche, les consommateurs martiniquais se tournent davantage vers les produits surgelés moins chers (52% à pondérer car dans la réalité, ils sont plus nombreux à acheter du surgelé). C’est aussi pour cela qu’ils disent, à 51%, acheter un peu plus de viande importée que de production locale, cette dernière étant en moyenne perçue comme plus chère. Ces 51% sont eux aussi à pondérer car, hormis pour le poulet, l’offre locale de viande porcine et bovine en frais ne permet pas de satisfaire la demande.

Le budget moyen par personne pour l’achat de viande se situe majoritairement entre 20 et 70 € (44% entre 20 et 50 € et 28% entre 50 et 70 €). Un chiffre à rapprocher de la fréquence moyenne de consommation qui est de 2 à 3 fois par semaine. On relève quand même qu’ils sont 9% à dépenser moins de 20 € par mois pour acheter de la viande. Inversement, ils sont 6% à dépenser plus de 100 € par mois et par personne.

La plupart des répondants (29%) placent à égalité la qualité et le prix comme premiers critères d’achat de la viande. 20% évoquent aussi l’origine de la viande. En réalité, les habitudes de consommation d’aujourd’hui sont fortement influencées par les pratiques commerciales des GMS notamment. Celles-ci proposent très souvent des offres promotionnelles de type barquettes familiales ou gros voire très gros volumes pour attirer les clients. En fin de compte, le prix devient donc le critère déterminant de l’acte d’achat.

La volaille est de loin la viande la plus consommée par les Martiniquais. La domination du poulet est bien moins nette quand on parle de préférence. Dans ce cas, le porc et surtout le bœuf se rapprochent sensiblement de la volaille. C’est la différence de prix, très favorable au poulet, qui freine les consommateurs au moment de l’acte d’achat.

Cette enquête, réalisée par les animateurs de l’observatoire de l’AMIV, confirme les nouvelles habitudes des ménages martiniquais quant à la consommation de viande. Ils en mangent un peu moins mais cherchent à mieux la consommer. Ils sont attentifs à la qualité et à l’origine mais sont happés par le critère prix. Ils choisissent le poulet pour des raisons liées au prix et à l’offre. Ils optent davantage pour l’achat en GMS du fait de pratiques commerciales attractives.